RealT : FakeToken.fr révèle l'ampleur du désastre, derniers jours pour rejoindre l'action collective
FakeToken.fr : les chiffres qui accablent RealT
Le monde de la tokenisation immobilière vient de vivre l'un de ses plus gros séismes. RealT, autrefois présentée comme la plateforme phare de l'immobilier tokenisé, est aujourd'hui au cœur d'un scandale financier de grande ampleur. Grâce au travail d'investigation que je mène sur FakeToken.fr, les investisseurs disposent désormais de données chiffrées accablantes, tirées directement des registres publics américains. Et le temps presse : la date limite pour rejoindre l'action collective menée par le cabinet Delomel est fixée au 15 octobre 2026.
555 maisons passées au crible
FakeToken.fr, que j'ai créé pour documenter cette affaire, recense 555 maisons vendues en tokens sur la plateforme realt.co à Détroit. Sur ces 555 biens, 509 ont été retrouvés au cadastre. Mais le premier choc vient de la propriété réelle : seules 306 maisons apparaissent au nom d'une entité RealT selon les registres de la ville. 202 propriétés ne le sont pas, soit parce qu'elles n'ont jamais été transférées, soit parce qu'elles ont été revendues, soit parce qu'elles sont détenues par une série différente. La ville de Détroit considère que 170 biens sont totalement hors du périmètre RealT.
6,3 millions de dollars de taxes impayées
Les impôts fonciers constituent l'un des problèmes les plus graves. Au 28 septembre 2026, le comté de Wayne recense 6,3 millions de dollars d'impôts fonciers impayés sur 471 des 508 biens RealT identifiés. Ce n'est pas un simple retard de paiement : 372 biens sont exposés à une saisie du comté de Wayne. Plus précisément, 314 biens RealT sont déjà sous déchéance fiscale en 2026, enregistrés entre mars et avril 2026, dont 139 sont vacants au dernier signal connu.
6 227 amendes et 164 incendies
Depuis 2019, les autorités de Détroit ont dressé 6 227 amendes pour mauvais entretien sur les 508 biens RealT. Le montant encore dû à la ville s'élève à 1,71 million de dollars. À cela s'ajoutent 660 amendes supplémentaires pour location sans enregistrement sur les 170 biens que la ville ne reconnaît même pas comme appartenant à RealT. Le registre municipal classe 263 maisons comme vacantes, c'est à dire sans locataire ni entretien.
Côté sinistres, 164 incendies ont été recensés depuis 2019 sur l'ensemble des biens RealT, auxquels s'ajoutent 41 incendies sur les 170 biens hors périmètre. Ces chiffres illustrent l'état de dégradation avancé du parc immobilier.
Des hypothèques qui pèsent sur les investisseurs
Autre découverte troublante : des hypothèques actives pèsent sur certains biens censés appartenir aux détenteurs de tokens. Les données font apparaître 1 521 000 dollars d'hypothèques auprès de TL Seven et 1 400 000 dollars auprès de Stonefield Investment Fund IV. Ces créances hypothécaires sont prioritaires sur les droits des détenteurs de tokens en cas de liquidation. Au total, selon les estimations basées sur les registres publics, 15,5 millions de dollars sont potentiellement perdus pour les investisseurs.
Retour sur la chute de RealT
Fondée en 2019 par les frères Jean Marc et Rémy Jacobson, RealT promettait de démocratiser l'investissement immobilier grâce à la blockchain. Le concept : acheter des tokens représentant des fractions de biens immobiliers, principalement situés à Détroit (Michigan), et percevoir des loyers en stablecoins. Le portefeuille a atteint 140 millions de dollars en valeur déclarée, attirant plus de 22 000 investisseurs dont environ 14 000 Français.
Les signaux d'alarme se sont multipliés au fil des mois : loyers en baisse, propriétés dégradées, manque de transparence sur la gestion. En juillet 2025, une action en justice est lancée à Détroit. En avril 2026, un administrateur judiciaire est nommé pour superviser les actifs. Le 2 juillet 2026, la procédure de liquidation est officiellement engagée. Aujourd'hui, les tokens se négocient à une fraction de leur valeur initiale.
Derniers jours pour rejoindre l'action collective Delomel
Le cabinet d'avocats Delomel, spécialisé dans la défense des investisseurs, a lancé une action collective contre RealT pour obtenir réparation. La date limite pour se joindre à cette action est le 15 octobre 2026. Passé ce délai, il ne sera plus possible de rejoindre le groupe de plaignants. La participation s'élève à 360 € par plaignant. Pour rejoindre l'action ou obtenir plus d'informations : delomel-avocat.com
Quelles leçons en tirer ?
L'affaire RealT rappelle une vérité fondamentale : la tokenisation ne supprime pas les risques de l'immobilier, elle les rend simplement moins visibles. Acheter un token ne dispense pas de vérifier l'état réel du bien, la fiabilité du gestionnaire, la conformité fiscale et le cadre juridique. Les promesses de rendement passif et de diversification facile ont séduit des milliers d'investisseurs, souvent peu familiers avec le marché immobilier américain et ses spécificités.
Si vous êtes concerné, ne laissez pas passer la date du 15 octobre. Les informations que j'ai compilées sur FakeToken.fr constituent un outil précieux pour comprendre l'étendue des dégâts et documenter votre situation.
